Le HCR et la crise des réfugiés en Europe

//Le HCR et la crise des réfugiés en Europe

Le HCR et la crise des réfugiés en Europe

Résumé de la conférence de Madame Anja Klug
Directrice du bureau de liaison suisse du HCR
Forum de l’Hôtel Crowne Plaza
Tribune du MCEI Genève le 12 novembre 2015

Fondé le 14 décembre 1950, le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) a pour mandat de diriger et coordonner l’action internationale visant à protéger les réfugiés et de rechercher des solutions durables. Il veille aussi à soutenir les apatrides, à intervenir dans des situations précises concernant des personnes déplacées à l’intérieur de territoires, à protéger des demandeurs d’asile et des réfugiés souhaitant volontairement retourner dans leur pays d’origine. Agence gouvernementale humanitaire faisant partie des Nations Unies, mais avec une personnalité juridique indépendante, le HCR disposait pour 2015 d’un budget total de 7 milliards de dollars. Ses programmes d’aide sont principalement financés par des contributions volontaires émanant de gouvernements, du CERF (Fonds central d’intervention d’urgence des Nations Unies) mais aussi de fondations et de particuliers.

La Suisse est la 14ème plus important Etat donateur du HCR. Elle a contribué en 2014 à hauteur d’environ 47,6 millions de dollars. Et en septembre dernier, le Conseil fédéral a débloqué 70 millions supplémentaires face aux crises actuelles en Syrie, en Irak et dans la Corne de l’Afrique. Présent dans 125 pays, avec un siège à Genève, le HCR compte 9675 collaborateurs dont 984 sont basés à Genève. Parmi les 59,5 millions de déplacés, on dénombre 19,5 millions de réfugiés et 1,8 millions de requérants d’asile. Les pays d’origine les plus concernés sont la Syrie, l’Afghanistan, la Somalie, le Soudan et le Sud Soudan.

Ces cinq pays représentent 62% du total des réfugiés. Au niveau des principaux pays d’accueil, on trouve la Turquie, le Pakistan et le Liban (30% à eux trois), suivent l’Iran, l’Ethiopie et la Jordanie. Les pays en voie de développement abritent la large majorité des réfugiés mondiaux. L’Europe n’est donc pas une zone principale d’accueil puisque aucun pays du Vieux Continent ne figure dans le top 10.Au deuxième trimestre 2015, on comptait 213 200 demandeurs d’asile dans les 28 pays de l’UE (+48% par rapport à la même période de l’an dernier). Le nombre de demandeurs d’asile a plus que doublé, mais cette augmentation est relative comparée à d’autres pays. Six Etats ont reçu plus de 80 % des demandes d’asile (Allemagne 38%, Hongrie 15%, Autriche 8%, Italie-France-Suède: 7% chacun). Précisons que cela concerne les réfugiés et pas les migrants. Les efforts de l’UE pour établir un système d’asile européen n’ont jusqu’ici pas encore abouti dans la pratique. Il n’existe pas de système de solidarité entre les Etats qui appliquent des standards différents. En Suisse, on observe aussi une hausse des requérants d’asile, mais si on tient compte du ratio de réfugiés pour 1000 habitants, la Confédération se situe au 23ème rang, une position qui n’a pas changé depuis 2013. La première position est occupée par le Liban, devant la Jordanie et Nauru.

Résumé Luigino Canal

2018-06-04T10:47:15+00:00