Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’aéroport de Genève sans oser le demander

Monsieur Christian Lüscher – Président du Conseil d’administration de Genève Aéroport

Restaurant Le Chef, Genève Aéroport, le jeudi 8 octobre 2026

Né en 1919, l’aéroport international de Genève a accompagné le développement du canton. Il constitue un pilier qui contribue à l’image internationale de Genève. C’est le conseiller d’État Louis Casaï qui a convaincu le Grand Conseil d’investir massivement pour moderniser et agrandir l’aéroport de Cointrin. La piste a été portée à 3 900 mètres en 1956, ce qui en fait l’une des plus longues d’Europe et lui permet d’accueillir tout type d’avion. Aujourd’hui, il représente un outil vital pour la Genève internationale, touristique et économique. Selon une récente étude du bureau zurichois Infras, Cointrin génère environ 3,3 milliards de francs de valeur ajoutée. Les retombées économiques s’étendent notamment aux fournisseurs, aux commerces, aux hôtels, aux restaurants et aux prestataires de services actifs dans le bassin transfrontalier.

Au fil des années, l’aéroport a connu de nombreux changements. En 1996, Swissair a retiré ses vols long-courriers de manière abrupte. Mais l’arrivée progressive d’EasyJet, dès 1999, a relancé la croissance du site. L’an dernier, l’aéroport a généré un bénéfice avant rétrocession de 106 millions de francs et a versé 53 millions à l’État de Genève. Il emploie directement 1 000 personnes et quelque 12 000 personnes sont présentes quotidiennement sur la plateforme. Cointrin enregistre 177 000 mouvements aériens par an, dessert 147 villes et consacre près de 20 % de ses mouvements à Londres, sa première destination.

Avec son plan Cap 2030, Cointrin doit relever plusieurs défis pour devenir un hub intercontinental à la hauteur du rayonnement de Genève. Une nécessité pour pallier l’exiguïté actuelle des infrastructures et moderniser l’offre. Afin de réduire sa dépendance à l’égard d’EasyJet, qui représente près de 50 % des mouvements, l’aéroport souhaite développer de nouvelles destinations intercontinentales telles que Shanghai, Pékin, Singapour, Toronto et São Paulo. Ce développement est considéré comme prioritaire pour attirer une clientèle à forte valeur ajoutée. D’ailleurs, ces liaisons sont particulièrement rentables pour les compagnies aériennes grâce au remplissage élevé des classes affaires et première. Ainsi, pour Air Canada, la liaison Genève-Montréal figure parmi les plus rentables de la compagnie.

Toutefois, Cointrin doit faire face à des pressions externes exercées notamment par Lufthansa et Swiss, qui ont mis des bâtons dans les roues à certains projets, en particulier à l’arrivée de Singapore Airlines, nécessitant l’intervention du Conseil fédéral. Il faut également tenir compte des défis environnementaux afin de répondre aux critiques liées au bruit et à la pollution. La stratégie prévoit que 90 % des véhicules circulant sur le tarmac soient électriques d’ici à 2030 et encourage l’utilisation d’avions de dernière génération, tels que les Airbus A220 et A320neo, afin de réduire significativement les nuisances sonores. L’objectif consiste à accueillir davantage de passagers avec moins de mouvements grâce à des appareils de plus grande capacité, comme l’A321, tout en limitant les vols nocturnes après 22 heures.

Face à l’encombrement actuel, avec près de 18 millions de passagers par an, Cap 2030 vise à préparer la construction d’un nouveau terminal à l’horizon 2035-2038, intégrant notamment une zone premium. Pour de nombreux voyageurs, l’aéroport constitue en effet la première carte de visite de la ville.

(Résumé Luigino Canal)